Le 5 mars 2018

Athènes, récit de voyage

Terre en vue …

Alors que le navire faisait cap sur l’une des plus antiques villes du monde, il y a eu ce moment magique, où tout à coup, des dizaines de mouettes volaient avec grâce autour de nous, comme pour accueillir notre énorme bateau. La hauteur du pont où l’on se trouvait, faisait que nous étions parfois au-dessus d’elles, à pouvoir saisir cet instant incroyable, celui de voir leurs ailes doser le vent; la mer était calme, nous accostions sans bruit… et soudain Athènes, face à nous.

J’en ai pris plein les yeux; il y avait des milliers d’immeubles, tous aussi blancs les uns que les autres, construits à perte de vue, jusqu’aux montagnes. Tout la haut, au loin, la fameuse colline où les vestiges se tiennent encore fièrement debout : l’Acropole, berceau du monde.

Terris, notre chauffeur de taxi a tenu à nous faire découvrir la ville entière ! Fier de ses racines, il nous expliquait les histoires et anecdotes politiques & historiques tout en nous menant aux différentes destinations. Il nous racontait combien de courses il avait pu faire et combien de clients il avait pu rencontrer dans sa vie; autant de rencontres et de souvenirs, fixés à jamais sur du papier photo, qu’il gardait précieusement dans le pli du fauteuil passager. J’ai aimé y plonger ma main pour saisir cette amas de photos argentiques et découvrir leurs poses improvisées devant les voitures du moment.

 

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« We join here within one hour » dit Teris.

Nous devions d’abord gravir les marches en marbre, polies par les innombrables passages des touristes, pour enfin arriver devant les colonnes antiques de l’Acropole. Et il faut bien l’avouer, ça a quand même quelque chose de magique. Nous avions une heure imposée ! Mais largement suffisante pour contempler les millions de détails de ces pierres remplies d’histoire. Au bord du vide, une vue panoramique sur tout Athènes: le temple de Zeus en bas, les centaines d’immeubles jusqu’à l’horizon, et puis enfin, la mer. 

Le Parlement d’Athènes, Terris, tenait absolument à ce qu’on y aille pour assister à la relève de la garde et veillait particulièrement à ce que l’horaire soit respecté ! Je suis tellement heureuse qu’il ait voulu que l’on voit ça…

Il nous a déposé en haut d’une longue rue descendante. Sur les côtés, les magnifiques barrières en fer forgé renfermaient le parlement; et au milieu de la rue se trouvait une guérite tenue par des militaires (aux jolis bérêts.) Justement, l’un d’eux en sortit et traversa la route; soudain je vis deux autres gardes… d’allures étranges. Alors on se rapprocha. Ils portaient des manteaux dont la ressemblance à des robes était assez déroutante et d’épais collants blancs. A leurs pieds, des souliers, pour le moins, originaux ! Je compris tout à coup les « souliers pompons » que j’avais trouvé à Corfou. Nous les avons observé passer leur garde aux deux nouveaux soldats, arrivés d’un pas très marqué jusqu’à eux. Ce fut le moment le plus surprenant de toute ma vie. Il faut le voir pour le croire !

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Tout en bas de la rue, l’emblématique stade panathénaïque; sa forme de U et son marbre blanc le rendent magnifique et vraiment particulier. C’est d’ici que part la flamme Olympique ! Il est l’endroit où l’athlétisme et les tout premiers jeux olympiques ont débutés, en l’honneur d’Athéna. Comme ce devait être fou, d’être assis dans ces gradins à l’époque, en présence des plus grandes figures de l’antiquité et de ces futurs champions. Après: le temple de Zeus, le Zappeion, l’église orthodoxe et le quartier shopping, non dénués d’interêts mais bien moins marquants que ce que je vais vous raconter …

 Terris a voulu terminer la journée par l’arrêt dans un petit port paisible. Je n’ai aucune idée, ni de son nom, ni d’où il se trouve exactement. On aurait dit un petit port de pêcheurs très intimiste. Pas de touriste et uniquement de tous petits restaurants jonchant le bord de la baie; Les gens prenaient le temps de nous regarder passer. Il y avait à ce moment précis, une luminosité folle qui se reflétait dans l’eau: la mer devenait presque argent et les mats des voiliers claquetaient au vent. Nous avons voulu clore ce chapitre par un verre en terrasse et Terris, d’abord gêné, accepta. Il nous raconta le coût de la vie chez eux depuis leur entrée dans l’Europe; le manque de travail, la pauvreté, la population grandissante et les coups d’état. Il connaissait les noms de nos différents présidents (et moi aucun de chez eux) et se questionna sur le prix d’un paquet de cigarette en France. J’ai aimé le regarder et observer ses mimiques. Ses doigts arqués, sa chemisette entrouverte… Il avait la vie marquée dans ses traits, la peau tannée par le soleil et une certaine sagesse émanait de lui.

Il y avait à cet endroit, une quiétude comme nulle part ailleurs, le temps était lent. Puis Terris a fini par nous déposer une toute dernière fois. Et nous mettions le cap, ailleurs.

Montrer 2 commentaires
  • Raouf
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    C’est super bien écrit. Sa donne envie d’y aller 🙂

    • kallisteha
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      C’est super mignon ! Merci beaucoup, si tu y va un jour, n’hésites pas à me raconter ! Gros bisous

Commentaires

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